Tribune de femme

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Bobo-Dioulasso : Ainsi donc, une femme ne sera pas Maire ?!

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Les élections municipales du 22 mai 2016 ont livré leur verdict. Le mouvement du peuple pour le progrès (MPP), parti au pouvoir vient en tête suivi de l’Union pour le progrès et le changement (UPC) et du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP). A Bobo-Dioulasso, le parti de Roch Kaboré a obtenu 113 conseillers municipaux sur un total de 205 dont moins de 20% de femmes. Aussi, dans les sept arrondissements, le parti est en tête. C’est dire que sans cataclysme, la commune et une grande partie ou « la totalité » des arrondissements de Bobo-Dioulasso est en passe d’être contrôlée par des maires issus du parti au pouvoir. C’est seulement dans l’arrondissement n°5 (ex-Dafra) que rien n’est joué pour l’instant.

Dans l’arrondissement 5 en effet, l’opposition politique toutes tendances confondues a un peu plus de conseillers municipaux que le parti au pouvoir. Et un analyste politique de laisser entendre que : « le MPP l’emportera. Parce qu’ils vont acheter des voix. Et ils vont avoir ces voix, sans aucun doute ».

Conformément aux directives du parti, les élections primaires ont eu lieu le week-end dernier. Lesquelles primaires ont désigné Ousmane Coulibaly, Paulin Sanou, Vinsoum Sanou, Anatole Sanou, Souleymane Traoré, Hippolyte Sanou et Herman Sirima respectivement pour les mairies des arrondissements 1, 2, 3, 4, 5, 6 et 7. Aussi, Bourahima Sanou, Honoré Sanou et Olivier Sanou ont été proposés pour la mairie Centrale.

Contrairement au défunt conseil municipal dans lequel deux femmes (Fatou Ziba et Momo Jacqueline) avaient la gestion de deux arrondissements (3 et 4), aucun nom de femme ne figure dans les deux listes des candidats du MPP aux postes de maires. Seulement quelques unes ont été proposées pour des postes de maires adjointes. Pourquoi ? Dira-t-on qu’aucune parmi ces femmes n’a le profil ?
Si ces dernières font contre mauvaise fortune bon cœur, certaines candidates malheureusement à l’image de Me Fatoumata Barro, troisième sur la liste dans l’arrondissement n°2 n’en revient pas. Elle qui espérait gérer la mairie centrale ne sera que simple spectatrice du développement de ville. La « Hillary Jonhson » d’Accart-ville, malgré les recours auprès des institutions n’a finalement pas été élue conseillère municipale.

Cette situation pose une fois de plus la question du rôle et de la place de la femme dans la politique. Le MPP à Bobo, est-on tenté de dire, a foulé au pied la loi sur le quota qui impose 30% de femmes sur les listes. Lors des campagnes électorales, ce sont elles qui sont courtisées pour porter leur voix sur les partis. Mais au moment des prises de décisions malheureusement, elles sont reléguées au second plan. A quand la fin de cette injustice ? L’heure est venue pour les femmes de comprendre qu’elles ne doivent plus continuer à être le bétail électoral pour juste assouvir la soif de pouvoir des hommes.

Bassératou KINDO



18/06/2016
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