Tribune de femme

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Vision express sur… : Bien que condamné, l’avortement se fait sous le nez de tous !

 

 

Mami est passée de vie à trépas, la semaine dernière, à la suite d’un troisième avortement clandestin. Jeune au physique admirable, son passage sur la terre n’aura malheureusement été que de courte durée. Dès la classe de seconde, Mami adopte un rythme de vie « très précipité », allant jusqu’à sortir avec des hommes mariés ou non, histoire de satisfaire ses besoins. Elle pique une première grossesse lorsqu’elle n’était qu’en classe de seconde. « Impossible de laisser pousser un tel ventre », a-t-elle juré. Mais une autre grossesse est piquée alors qu’elle est en classe de première. La jeune fille s’en débarrasse rapidement et sans vergogne. La troisième grossesse finira par l’emporter. Acte beaucoup condamné, l’avortement est interdit par la loi et va également à l’encontre des principes moraux et religieux.

Pourtant, de nos jours, c’est l’option privilégiée par plus d’un lorsqu’un signe de grossesse se présente. Une étude menée par un médecin d’un centre de santé à Bobo-Dioulasso, courant 2006, a montré que deux filles sur trois qui tombent enceinte font le choix de l’avortement. Aussi, une petite enquête auprès des filles dans la ville de Sya, corroborant évidemment les résultats du spécialiste, a donné le résultat suivant : « quatre filles sur cinq sont pour l’avortement, une fille sur cinq est contre. Un garçon sur deux est pour et trois sur cinq sont contre ». A Bobo-Dioulasso, les lieux où se pratiquent clandestinement l’avortement sont nombreux.

On en rencontre dans tous les quartiers, des « cliniques d’avortement » chez des agents de santé à domicile souvent plus fréquentés que les centres de santé. Une infirmière officiant dans un centre d’écoute pour jeunes, raconte que beaucoup de jeunes filles, généralement des élèves, viennent pour des tests de grossesse. Lorsqu’ils s’avèrent positifs, elles répondent tout de suite, qu’elles ne garderont pas la grossesse. Et la question qui suit est de savoir si l’infirmière peut les aider à neutraliser le fœtus. Alors que cela n’est pas autorisé. L’infirmière ajoute que dans les mois qui suivent, il lui arrive de les rencontrer en ville sans aucun signe de grossesse. Tenez vous bien ! Le Nescafé (quelque fois mélangé au coca-cola), la permanganate, les tessons de bouteilles, sont entre autres méthodes, dont usent bon nombre de jeunes filles pour se débarrasser du fruit de leurs entrailles.

Pire, des filles vont jusqu’à introduire des objets ou autres produits dans leurs organes génitaux pour soustraire le fœtus. Faut-il ou pas légaliser l’avortement ? Sous d’autres cieux, il se pratique librement. En France par exemple, cela fait presque 40 ans que l’avortement est légal. Excepté les croyants qui continuent à condamner l’acte, avorter est complètement rentré dans leurs mœurs. Les femmes disposent d’un délai de 12 semaines pour pouvoir avorter légalement. Elles se rendent en établissement hospitalier, et subissent l’intervention dans la journée.

Contrairement à notre pays où beaucoup d’hommes et de femmes pratiquent l’avortement dans la clandestinité. Le phénomène est donc crucial et mérite une réflexion profonde. Quoi qu’on dise, c’est toute la société qui devra être tenue pour responsable si…

 

Bassératou KINDO



29/05/2012
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