Tribune de femme

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Tribune de la femme : Idak Bassavé, artiste chanteuse burkinabè/ « Je me marierai très bientôt si…. »

    La musique n’est en aucun cas un secret pour elle. Elle chante dans des langues qu’elle ne parle pas. Née d’un père et d’une mère musiciens, elle y a fait ses premiers pas depuis toute petite. Deuxième d’une famille de sept enfants, elle a aujourd’hui à son actif quatre albums et prépare le cinquième qui sortira très bientôt. Elle, c’est bien Kadi Bassavé, alias Idak Bassavé. Nous l’avons rencontrée lors du forum des femmes à Ouagadougou en septembre dernier.

 

 

Toujours élégante, Idak ne laisse aucun détail dans ses soins. Elle sait bien se maquiller, s’habiller, se chausser surtout quand elle monte sur scène. Et quand elle est sur scène, elle donne le meilleur d’elle-même pour le bonheur du public, mais aussi de ses fans. Idak n’a pas fait de longues études. En lieu et place de ce chemin du savoir, elle a emprunté celui de l’art. Après un premier album plein de succès en 1998, elle fera sortir un deuxième, un troisième, puis un quatrième. Elle reconnaît ardu le métier de musicienne du fait de certaines exigences dans le choix des thèmes, de la sonorité (…). De plus, il faut ajouter l’aspect promotionnel, les rapports avec les managers. « La musique est très difficile sous nos cieux. Malgré tout, je suis la dedans et je rends grâce au Seigneur », a-t-elle dit.

La musique ayant des hauts et des bas, quand ça marche, l’artiste est sauvé et c’est tant mieux. Dans le cas contraire, il faut faire avec. Mais, Idak dit remercier Dieu parce qu’elle estime qu’elle a pu réaliser beaucoup de choses que mêmes certains fonctionnaires burkinabè ne sauraient faire. Il s’agit, a-t-elle dit, de la construction d’immeubles, qu’elle met d’ailleurs en location, l’achat et la vente de véhicules.

 

Sougouri, pour privilégier le dialogue


Le cinquième album d’Idak qui sortira très prochainement sera baptisé « Sougouri ». « C’estune exclusivité car, je n’ai pas encore parlé de ça dans les journaux », nous confie-t-elle.  Sougouri qui veut dire « le pardon » en mooré est une réponse à tout ce qui se passe dans le monde. Idak demande aux gens de se pardonner, de privilégier le dialogue, l’entente, la cohésion, car il n’y a rien de tel. L’album comptera 10 titres avec des chants en dioula, français, mooré, sisala, haoussa.  « Je chante dans beaucoup de langues, mais ce sont des langues que je ne parle pas. J’écris tout simplement la chanson en français, et je cherche une personne qui me la traduit dans la langue que je veux », nous confie-t-elle.

 

Difficultés


Idak a crié lorsqu’on lui a demandé les difficultés auxquelles elle fait face en tant que femme dans son métier.  « Les ragots, les préjugés, les critiques sont le quotidien des femmes artistes. C’est un milieu de gros requins. C’est aussi un milieu d’hypocrites. On rit avec toi, pourtant le cœur est noir ». D’abord, note-t-elle, avec les animateurs, il faut tout faire pour s’entendre avec eux au risque de ne pas voir ta musique jouer sur les chaînes de télévisions ou les ondes des radios. Elle soupire en disant qu’heureusement, ils ne sont pas tous pareils, car il y en a d’autres qui font véritablement leur promotion. A la question de savoir si Idak a déjà eu des couacs avec un animateur.  Elle répond par l’affirmative, mais dit préférer taire le nom. Par exemple, illustre-t-elle, un animateur peut te contacter pour une émission de télé. Mais tiens-toi que le rendez-vous ne sera jamais tenu. C’est un autre artiste qu’il va inviter à tes dépens. Ce qui est frustrant. Ce qui est alors déplorable, s’indigne-t-elle : « De ton vivant, on te néglige, c’est quand tu vas mourir, on parle de toi dans les reportages, les émissions et autres ».

En dehors de la musique, Idak fait la grande paresseuse. Mais elle souhaite s’investir dans l’immobilier, au titre de ses projets, car c’est plus promoteur. Elle souhaite aussi beaucoup voyager avec son album. Elle y croit fermement.

La femme à son avis, est celle qui doit toujours être auprès de son homme. Je ne suis pas mariée, mais je le ferai très bientôt, si le Seigneur le veut. Avec le papa de ton enfant ? Lui a-t-on demandé. Idak répond qu’elle se mariera avec l’homme que le Seigneur voudra. Quant à la rumeur sur la paternité de sa fille, elle donne tout simplement l’identité complète de sa fille. « Elle s’appelle Princesse Rachel Barro. C’est une petite Sénoufo et son papa est un ex-banquier. Il est aujourd’hui à la retraite », a-t-elle conclu.

Bassératou KINDO



19/10/2012
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