Tribune de femme

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Saran Séré/Sérémé, présidente du Burkina Faso. C’est bien possible !

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Elle est présente à Bobo-Dioulasso pour les préparatifs du grand meeting de l’opposition contre le référendum. Elle, c’est Saran Séré/Sérémé, présidente du parti pour la démocratie et le changement qui  a bien voulu se prononcer sur l’implication des femmes en politique au Burkina. 

 

De façon générale, quelle appréciation faites-vous de l’implication des femmes du Burkina dans la politique ?

Leur implication est satisfaisante mais il y a encore beaucoup à faire.  Tout compte fait, on remarque qu’il y a une certaine prise de conscience, un éveil sur l’importance à faire de la politique. On constate qu’elles osent maintenant contrairement aux années précédentes ou elles se recroquevillaient dans les associations parce qu’elles ont un trop plein d’énergie. De plus, en politique il y a beaucoup de peau de bananes, de coups bas, de limites, de barrières socioculturelles si fait qu’elles préféraient rester dans les associations ou il est rare qu’on les taxe de « pute » ou de prostituée. Un travail sérieux a été fait pour les faire comprendre que quand une femme peut souffrir pour son foyer, pour ses enfants, elle a aussi le droit de faire la politique, d’occuper des postes de responsabilité pour participer à la construction du pays. Elles peuvent elles-aussi prendre des décisions politiques. Et la politique n’est que l’instrument de gestion de la chose publique, c’est pourquoi nous interpellons les femmes a davantage porter un intérêt à cette gestion. Qu’elles deviennent une masse critique pour mieux orienter certaines évolutions.

 

Se sentent-elles véritablement concernées par la situation nationale : le referendum, l’article 37, etc ?

Bien sûr que oui ! Et c’est même étonnant car même dans les villages reculés les choses commencent à changer. Des jeunes, des femmes qui avaient une désaffection de la politique s’y impliquent depuis un moment. On sent un éveil général mais force est malheureusement de constater qu’on profite des limites financières des femmes pour essayer de les appâter et surtout pour créer le sentiment de recevabilité.

 

Votre parti le PDC et le MPP devaient s’unir un moment. Cette union a-t-elle été un échec ? Quelle est aujourd’hui la nature de vos relations ?

Nous sommes en bons termes. Il est vrai que des gens avaient avancé ces supputations de fusions ou d’absorption, mais ça n’a été que des tractations. Je préfère le partenariat, la collaboration. C’est d’ailleurs ce que nous faisons avec tous les partis de l’opposition. Je pense que c’est de bonne guerre de travailler à préserver un parti qui est dirigé par une femme. C’est une autre vision qui peut être porteuse des ambitions de la population.

 

Saran Séré/Sérémé présidente du Burkina Faso. Vous y croyez vraiment ?

Bien sûr. Pourquoi pas ? Ceux qui y sont venus, vous pensez qu’on y croyait ? C’est Dieu qui décide. Je suis une croyante et je suis convaincue que toute autorité est établie par Dieu. Que les populations me fassent confiance. Que le PDC soit un parti très porteur. Notre première ambition n’est pas le poste de président, mais le travail pour l’éveil de conscience.

 

Un appel à l’endroit des femmes ?

S’il y a des commerçants qui sont devenus députés, il n’y a pas de raison que des commerçantes n’en deviennent pas. J’invite les femmes à s’impliquer dans la politique. Il ne faut pas qu’elles soient toujours du bétail électoral. Qu’elles aspirent à occuper des postes, qu’elles ne soient pas complexées, qu’elles osent, tout simplement.

Propos recueillis par

Bassératou KINDO



12/06/2014
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