Tribune de femme

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Pagne du 8 mars : Quand le futile prend le dessus sur l’essentiel


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8 mars 2016. Ce serait encore un 8 mars, sans doute, pas comme les autres au Burkina Faso. Un 8 mars aux multiples pagnes – en Faso Danfani- en –chinoiserie- et bien d’autres encore. Célébrer, en effet, le 8 mars en pagne traditionnel a été, faut-il le dire, un combat mené par nombre de femmes burkinabè. Un combat qui semblait être gagné, à travers la décision, cette année, des nouvelles autorités, de la célébration de la journée avec le port unique du –Faso Danfani -. Une décision, faut-il le rappeler, prise en Conseil des Ministres.

 

« Enfin, notre combat est gagné. J’ai, d’ailleurs toujours porté que le pagne traditionnel burkinabè les 8 mars, non seulement pour magnifier la femme africaine, mais surtout pour valoriser nos cultures », pouvait-on lire sur la page Facebook d’une web-activiste.

 

L’autorité a, certes, décidé, mais des commerçants n’avaient pas dit leur dernier mot. Quelques jours après la présentation officielle du pagne devant être porté le 8 mars – un pagne tissé en main par de brave dames- des commerçants visiblement bien inspirés l’ont fait reproduire en Chine. Et ledit pagne s’achète comme de petits pains sur la place du marché. Pourquoi ? Plusieurs raisons sont avancées par les acheteurs, mais aussi par les revendeurs. En effet, si d’aucuns estiment qu’il serait à leur bourse, d’autres par contre pensent qu’il est économe. Contrairement au pagne –Faso Danfani- qui se trouve être un seul pagne et souvent très « petit  » pour les femmes fortes. Que dire du prix d’achat qui va de 6000 à 7500F, voire plus, selon la qualité du pagne. En tout cas, chacun y va de son commentaire.

 

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Qu'a cela ne tienne, le pagne du 8 mars, cette année, est un « One in All ». Chacune et chacun y trouve ou trouvera son compte, tant en qualité, en couleur, qu’en quantité. Quid du logo estampillé sur ces tissus dédiés à l’autre moitié du ciel burkinabè. On y voit du tout, vraisemblablement lié au thème retenu par les autorités : « entreprenariat agricole des femmes : défis et perspectives  ». Un thème, d’autant plus évocateur quant à la nécessité de la promotion de l’entreprenariat féminin. Promouvoir, en effet, la consommation du - Faso Danfani- celui tissé à la main par des femmes du Burkina est une belle réponse au thème. Sauf que pour l’heure, les supputations sont plutôt focalisées sur le choix du pagne, les préparatifs, et non, - CONCRETEMENT- sur la matière à réflexion, l’une des essences même de la célébration de cette journée à la femme.

 

Plutôt donc que de se soucier des actions et/ou plaidoyers à même de changer positivement la condition féminine, certains femmes et hommes s’inquiètent – comme de petits enfants- de comment acheter et coudre le pagne du 8 mars. A cela s’ajoutent les festivités à travers les « djandjoba  », « les matinées dansantes », « les virées nocturnes » et tout autre libertinage qui peut s’en suivre. Comme si la journée internationale de la femme se résumait à cela. Tout simplement dommage.

Bassératou KINDO



01/03/2016
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