Tribune de femme

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Et si l’on sensibilisait davantage les hommes !

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Les conséquences de l'avortement, surtout, clandestin ne sont plus à démontrer. Au-delà de la stérilité, mais aussi des séquelles sur le corps et la santé de la femme, le pire est sans doute la mort. Combien de filles ou de femmes sont-elles mortes en tentant d'avorter de façon clandestine? Combien sont-elles (pour celles qui ont la chance d'ailleurs) qui vivent, mais qui ne pourront plus jamais goûter aux délices d'être mère? Qui ne pourront plus jamais serrer contre elles le fruit de leurs entrailles? L'avortement dans sa façon clandestine, faut-il le reconnaître, reste une réalité sous nos cieux. Qu'elles soient filles, ou même femmes au foyer, l'autre moitié du ciel semble ne pas avoir d'autres options que d'avorter lorsqu'elle est enceinte. Et de la manière la plus dangereuse.

Telle cette jeune dame, mère de trois enfants qui, sans autre forme de procès a interrompu une grossesse avec du miel. Et comment a-t-elle procédé? Selon ses confidences, lorsqu'elle a su deux mois après qu'elle était enceinte, elle a mesuré tout le poids qui pouvait peser sur sa personne. Sans donc informer son époux, elle s'est résolue à avorter. «J'ai acheté du miel que j'ai mélangé à du jus de tamarin que j'ai laissé pendant deux jours. Une fois bien dilué je me purgeais avec le liquide jusqu'à ce que le fœtus se désintègre. Le sang a coulé pendant une semaine», raconte-elle. L'air un peu déçue lorsqu'on lui rappelle les conséquences qu'elle encoure, la jeune dame tente de se justifier. «Je n'envisageais plus faire d'enfant. Mais à vrai dire, je ne suis pas aidée par mon mari. Il s'est même opposé à l'avortement. Il voulait que je garde la grossesse. Ça nous fera quatre enfants alors que les trois autres sont sous la charge de ses frères et sœurs. Sans eux, ils n'auront ni les soins de santé, ni allés à l'école, ni avoir de quoi s'habiller. Je ne veux pas être une charge pour ces personnes de bonne volonté», dit-elle. Tout cela peut être sincère. Mais cette situation pouvait ne pas arriver si le couple s'était par exemple intéressé aux méthodes de planification familiale en allant dans un centre de santé. A cette question, elle répondra que cette question est le dernier des soucis de son homme. Une triste réalité qui interpelle plus d'une personne à commencer par l'Etat, mais aussi par les institutions en charge des questions de santé de la femme et de l'enfant. Nombre de sensibilisations ont eu lieu sur la nécessité d'espacement des naissances ou d'éviter les grossesses non-désirées, certes. Mais les résultats semblent mitigés au regard de certaines situations souvent entraînées par les hommes. C'est pourquoi, il faudra désormais mettre plus l'accent sur la sensibilisation des hommes en vue de l'appropriation des méthodes contraceptives et la planification familiale. Parce que, quoi qu'on dise, ils sont les premiers acteurs dans la vie du couple.

Bassératou KINDO



30/12/2014
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