Tribune de femme

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ENGAGEMENT DES PREMIERES DAMES D’AFRIQUE SUR LA SANTÉ DE LA REPRODUCTION DES ADOLESCENTS ET DES JEUNES

ENGAGEMENT  DES  PREMIERES DAMES D’AFRIQUE SUR LA SANTÉ DE LA REPRODUCTION DES ADOLESCENTS ET DES JEUNES A L’OCCASION DU SOMMET AFRIQUE-FRANCE TENU A BAMAKO LE 14 JANVIER 2017 SUR LE THEME : « Les pratiques traditionnelles et culturelles positives au service de la promotion de la Santé de la Reproduction »

 

Nous, Premières Dames d’Afrique, réunies en marge du Sommet Afrique-France , exprimons notre grande reconnaissance à son Excellence Monsieur Ibrahim Boubacar KEITA, Président de la République, Chef de l’Etat du Mali et à son épouse Mme Keita Aminata MAIGA pour leur engagement et leur soutien au succès de notre session sur la santé de la reproduction des adolescents et des jeunes consacrée spécifiquement au thème « Les pratiques traditionnelles et culturelles  positives au service de la promotion de la Santé de la Reproduction. »

Nous sommes reconnaissantes de la présence des Ministres, des Honorables Parlementaires, d’éminentes personnalités des sciences, des représentants du secteur privé, de la société civile, de la forte communauté internationale ainsi que des représentants de la jeunesse africaine. Cette forte présence d’éminentes personnalités est le signe d’un engagement sans réserve  pour la cause d’une jeunesse africaine, épanouie et saine.

Soulignant que la santé de la reproduction des adolescents et des jeunes est une composante importante du droit à la santé, des droits de l’homme, des programmes de développement et qu’elle est une partie intégrante des Programmes d’action de la Conférence Internationale  pour la Population et le Développement (CIPD), des Objectifs de Développement Durable (ODD) ainsi que la Position Commune Africaine Post-2015, la Vision 2063 de l’Union Africaine,  le Cadre Directeur Continental pour la Santé Sexuelle et les droits liés à la  Reproduction (DSSR) élaboré par la Commission de l’Union Africaine.

Prenant en compte les fortes recommandations sur la santé de la reproduction des adolescentes et des jeunes contenues dans la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes (1979), la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples (1981), la Charte africaine des droits et du bien-être de l’enfant africain (1990), de la Campagne d’Accélération de la Réduction de la Mortalité Maternelle en Afrique (CARMMA) par l’Union Africaine, Addis-Abeba (2009) ; la Déclaration de la Communauté de Développement d’Afrique Australe (SADC) sur le genre et le développement (1997, 1998),  et les Déclarations d’Abuja, de Maseru et de Maputo (2001, 2003).

Partageant le fait que la nouvelle Vision, la Mission et le Cadre Stratégique de l’Union Africaine ont reconnu l’importance de la santé de la reproduction et de la Planification Familiale qu’ils retiennent dorénavant comme un indicateur d’appréciation et du développement et de croissance en Afrique ;

Appuyant les différents engagements en matière de santé maternelle, infantile et de la reproduction des adolescents et des jeunes dans le cadre des résolutions de la Commission sur la Santé de la Femme (CSW) et de la Commission sur la Population et le Développement en 2014;

Conscientes que dans la plupart des pays africains, les indicateurs en matière de santé de la reproduction des adolescents et des jeunes sont alarmants, notamment, le faible taux d’accès à la contraception ; l’entrée précoce des adolescents et des jeunes à la vie féconde contributive à la forte fécondité générale de la population et; le fort taux de mariage et de grossesses précoces ayant une incidence notable sur la déscolarisation des filles et à l’achèvement du cycle secondaire; le manque d’informations sur les infections sexuellement transmissibles y compris le VIH/SIDA ;  l’accès limité aux services de santé reproduction, les avortements clandestins et dans de mauvaises conditions;

Reconnaissant que les programmes en faveur de la santé de la reproduction des adolescents et des jeunes sont indispensables à leur épanouissement  et à leur développement en qualité de futurs décideurs de l’Afrique ;

Reconnaissant que les jeunes constituent plus de la moitié de la population sur le continent africain et qu’ils sont non seulement un atout pour l’émergence  de l’Afrique, mais peuvent constituer une entrave si les taux de dépendance restent élevés (population à charge) et s’ils sont exclus des politiques et programmes de développement;

 

Sachant qu’à travers le dividende démographique qui consiste en une croissance économique accélérée obtenue par une baisse des taux de mortalité et de fécondité, suivie d’une modification progressive de la structure par âge de la population (une jeunesse improductive moins nombreuse par rapport à la population en âge de travailler), peut ouvrir pour nos pays, une opportunité de croissance économique rapide si elle est accompagné par des politiques appropriées de promotion du capital humain, d'emploi et d’investissements en matière de santé, d’éducation et de gouvernance ;

Considérant que l’un des défis majeurs avancés par les professionnels de la santé pour expliquer les difficultés liées à la reproduction des adolescents et des jeunes est relatif aux obstacles traditionnels et culturels souvent dénommés « contraintes socioculturelles », « barrières traditionnelles », percevant ainsi certains aspects de la culture et de la tradition comme de  véritables freins aux efforts pour faire baisser les indicateurs alarmants de sante et à la performance des systèmes de santé et l’utilisation des services de santé maternelle, infantile et  de la santé de la reproduction ;

Reconnaissant que les communautés africaines demeurent fortement attachées à leurs valeurs culturelles et leurs pratiques traditionnelles séculaires et que ces éléments étudiés, valorisés, mis en exergue et diffusés dans le domaine de la santé de la reproduction seraient des leviers importants de communication innovantes pour le changement de comportement positif;

En notre qualité de Premières Dames d’Afrique, sachant que la problématique de la santé de la reproduction des adolescents et des jeunes est au centre du développement humain durable et constitue un élément essentiel de toute politique de développement, nous réitérons notre engagement à :

1.            Poursuivre le plaidoyer en vue de la prise de mesures urgentes de la part des décideurs pour permettre un accès aux services de la Santé de la Reproduction conviviaux, de qualité y compris la planification familiale pour les adolescents et les jeunes;

2.            Plaider pour la prise en compte des cultures et des pratiques traditionnelles positives dans les programmes de santé de la reproduction des adolescents et des jeunes afin de les rendre conviviaux, accessibles et efficients;

3.            Inviter nos gouvernements, les institutions de recherche et les partenaires au développement à  mener des études approfondies sur l’apport des cultures et des pratiques traditionnelles à l’amélioration de l’offre et de la demande en matière de santé de la reproduction des adolescents et des jeunes;

4.            Plaider pour  un  partenariat consolidé entre les Gouvernements,  la société civile, les organisations internationales, les réseaux de jeunesse afin de saisir l’opportunité que constitue le dividende démographique pour la croissance économique accélérée  à travers entre autres, le soutien aux programmes d'autonomisation des femmes, l’amélioration de la demande en matière de planification familiale et des services de santé maternelle et infantile ; la mise en place de capacités nationales pour la sécurisation des produits contraceptifs, le soutien de l’engagement politique et le renforcement des capacités à élaborer, mettre en œuvre et assurer le suivi et l’évaluation des politiques;

5.            Soutenir toutes les initiatives visant à la transformation des normes sociales et culturelles négatives et la promotion des celles positives, en particulier  qui contribuent au bien-être des adolescents et des jeunes, réduisent leur vulnérabilité et contribuent à en faire des acteurs responsables pouvant contribuer au développement socioéconomique de l’Afrique ;

6.            Plaider pour la diffusion des éléments culturels et traditionnels positifs identifiés dans chaque pays pour aider à la levée des obstacles à la santé de la reproduction afin de permettre un épanouissement harmonieux de la jeunesse africaine ;

7.            Plaider pour l’introduction de programmes d’éducation formelle, non formelle et informelle intégrant les déterminants culturels et les pratiques en matière de santé de la reproduction et une éducation civique et citoyenne culturellement sensibles à l’intention des adolescents et des jeunes en vue de les doter de compétences de vie nécessaires à la prise de décisions réfléchies, pour prévenir les grossesses et rapports sexuels précoces, les infections sexuellement transmissibles y compris le VIH, la déscolarisation, etc.

8.            Soutenir le leadership des adolescents et des jeunes en s’assurant que les Gouvernements, les Parlements et les Institutions nationales appliquent les lois de la santé de la reproduction existantes, les améliorent ou les modifient au besoin en conformité avec les instruments sous-régionaux, régionaux et  internationaux de protection les concernant ;

9.            Plaider pour le renforcement de l’allocation et la mobilisation de ressources conséquentes de la part des gouvernements, des partenaires au développement et du secteur privé en faveur des programmes de santé de la reproduction des adolescents et des jeunes.

Conscientes des défis majeurs que la jeunesse africaine, dans un contexte mondial de compétition et de rareté des ressources financières ;

Conscientes également que le moment est crucial pour la jeunesse africaine confrontée aux affres du chômage, de la pauvreté, de la précarité et souvent tentée par la migration, l’exode et exposée à l’extrémisme et au fanatisme religieux ;

Nous Premières Dames, lançons un appel solennel, l’appel de BAMAKO à nos Gouvernements, aux Partenaires au développement, au Secteur privé, aux leaders communautaires, traditionnels et religieux et aux Organisations de jeunesses et féminines, aux médias, à toute la Société civile à mettre la santé de la reproduction des adolescents et des jeunes au plus haut de leurs agendas. Le défi que cette santé de la reproduction pose à l’Afrique est d’ordre existentiel et ne saurait souffrir davantage d’attente car d’elle dépendra l’émergence et la sécurité de notre continent.

Bamako, le 14 janvier 2017

Signés, les Premières Dames d’Afrique

Liste des Premières Dames ci-dessous :

Madame KEÏTA Aminata MAÏGA du Mali

Madame Brigitte TOUADERA de la République Centrafricaine

Madame Azali AMBARI de l’Union des Comores

Madame Antoinette SASSOU N'GUESSO de Congo Brazzaville

Madame Rébecca Victoria AKUFO-ADDO du Ghana

Madame Djene KABA CONDE de la Guinée Conakry

Madame Constancia MANGUE de la Guinée Equatoriale

Madame Mariem Mint Ahmed Dite Tekber de la Mauritanie

Madame Malika  ISSOUFOU Mahamadou  du Niger

Madame Jeannette KAGAME du Rwanda

Madame Sia N. KOROMA Madame Sia N. KOROMA de la Sierra Léone

Madame Hinda DEBY du Tchad

/ PO :

Madame RAZAIARISOA Bernadette, Epouse du Premier Ministre de Madagascar

Madame Nana,Oumou TROVOADA, Epouse du Premier Ministre de  Sao Tome-et-Principe

Madame Suzanne CLUTCMEENARAIDOO, Epouse du Ministre des Affaires Etrangères de Maurice



17/01/2017
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