Tribune de femme

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Camille Loumelle, coproducteur de Victor Démé : Nous avons enregistré son premier album avec des boites d’allumettes, trois micros, dans un studio qu’on avait bricolé avec des pare-brise de camions ».

« Ses belles mélodies, ses bons conseils qui sont toujours difficile à suivre » sont selon Camille Loumelle, coproducteur de Victor Démé qui marqueront éternellement les fans de l’artiste. Programmateur musical à l’Institut français deOuaga, Camille a été le révélateur de l’artiste décédé le 18 septembre 2015.

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Comment avez-vous reçu la nouvelle sur la mort de Victor Démé

C’était un moment très compliqué, d’une part, parce que c’était en plein milieu d’une situation politique  très difficile (le putsch de Diendéré) et d’autre part, nous étions en train d’organiser la tournée de Baba Commandant en Europe, un des très proches musiciens de Victor. Nous étions très motivés et d’un coup la triste nouvelle est tombée. Je ne savais pas comment annoncé à l’équipe. Une nouvelle très lourde et plus fort que  nos combats. Avec les mouvements, on ne pouvait pas partager la peine avec la famille, encore moins envoyer de l’argent, ça été vraiment un moment très difficile.

Etiez-vous au courant de sa maladie ?

Victor avait quand un rythme de vie très soutenue. Sa maladie a été diagnostiquée comme un palu par les équipes médicales qui n’était pas en grève. Ils ont, donc, diagnostiqué que le palu alors que c’était plus que ça. Ils lui ont prescrit des médicaments qui lui ont permis de tenir deux jours. Malheureusement il souffrait d’une hémorragie interne qui le rendait très faible. Le palu a été soigné. Et je pense que c’est l’hémorragie interne qui a eu raison de lui.

Vous avez été le révélateur de cet artiste au monde entier. Comment cela s’est passé ?

J’ai rencontré Victor avec Abdoulaye Sanou et Séraphin Sanou (le petit frère de Salaka Vinse) lors de la Semaine nationale de la culture (SNC) à Bobo-Dioulasso en 2003. En 2004, on s’est encore revu avec Roger Wango. On se verra pour la troisième fois à Ouaga et Abdoulaye Sanou alias Doudou m’a suggère de faire une maquette pour son tonton –Victor-. Il m’a dit que je serai surpris.  Nous nous mis au travail avec comme résultat un titre extraordinaire avec de la guitare.

Au moment de le mixer, c’est devenu quelque chose de magique. Tout le monde était impressionné. Et c’était le premier album que nous avons enregistré avec des boites d’allumettes, trois micros, dans un studio qu’on avait bricolé avec des pare-brise de camions. Ça été vraiment quelque chose de très simple. Victor avait une naissance musicale. Et c’est en 2008 qu’il y a eu le gros déclic pour la scène internationale avec le prix des auditeurs de la radio France inter.

Comment se fait-il qu’il est été connu beaucoup plus au niveau international que nationale ?

C’est effectivement le paradoxe.  Malheureusement, la plus belle musique n’est pas forcément la plus diffusée.

Qu’en est-il de l’album sur lequel il était avant son decès ?

C’est un album d’une douzaine de 12 titres baptisé « Yafakè » ou « PARDON » en français. C’est sans doute le mot de la fin pour Victor. L’album est sorti le 27 novembre et nous sommes en train d’organiser la diffusion avec ses filles au niveau du Burkina. Victor est mort, mais sa musique demeure éternelle.

Que peux-t ’on retenir de Victor ?

Ses belles mélodies, ses bons conseils qui sont toujours difficile à suivre. Et je suis très, très fier de lui. C’est grâce à lui que j’ai rencontré ma femme et c’est grâce à moi qu’il a rencontré sa deuxième femme. Mon fils et son petit-fils portent le même prénom Fousseni.

Propos recueillis par Bassératou KINDO



06/06/2016
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